Lorsque le cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan, que Dieu l'accueille dans Sa miséricorde, aux côtés de son frère le cheikh Rachid ben Saïd Al Maktoum et des autres dirigeants des Émirats, a proclamé la création des Émirats arabes unis le 2 décembre 1971, pas même les plus optimistes dans les centres de recherche orientalistes et occidentaux ne s'attendaient à ce que cette jeune union survive longtemps dans un environnement désertique hostile et une région en proie à des conflits géopolitiques. Cependant, la ferme volonté politique des pères fondateurs a transformé les sables du désert en l'une des plus grandes expériences de construction du développement et de civilisation de l'histoire contemporaine. Le cheikh Zayed a compris dès le premier instant que la richesse pétrolière n'était pas une fin en soi, mais un moyen de bâtir l'être humain, d'ériger des infrastructures et de consolider l'État de droit et des institutions. Ainsi, en quelques décennies, le pays est passé d'une économie fondée sur la pêche aux perles et le commerce de base à une grande puissance économique, technologique et industrielle, qui en tête des indices de compétitivité mondiale et pilote la transition vers l'économie de la connaissance grâce au développement de modèles souverains d'intelligence artificielle tels que « Falcon », l'exploitation de la première centrale nucléaire civile du monde arabe à « Barakah », et l'exploration de l'espace lointain via la « Sonde Hope », en parallèle avec la construction d'un bouclier militaire de pointe et la localisation d'industries de défense avancées à travers le groupe « EDGE », devenu l'un des vingt-cinq plus grands fabricants militaires au monde. De cette manière, l'expérience émiratie à Abou Dhabi, Dubaï et dans l'ensemble des émirats est devenue un modèle à suivre sur la maîtrise de la géographie et la forge de l'avenir.
Cette renaissance globale n'a pas été dissociée d'une vision diplomatique avisée qui a fait entendre et respecter la voix des Émirats dans toutes les instances internationales. Le leadership émirati — de l'ère de la fondation, en passant par la phase d'autonomisation sous le mandat de feu le cheikh Khalifa ben Zayed, jusqu'au leadership stratégique du cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan — est parvenu à transformer le pays, simple fournisseur d'énergie, en un pôle vital et incontournable de l'économie mondiale. Les fonds souverains émiratis, menés par l'Autorité d'investissement d'Abou Dhabi (ADIA), Mubadala, ADQ et la Corporation d'investissement de Dubaï (ICD), gèrent des actifs proches de deux billions de dollars sur tous les continents, tandis que des entreprises nationales telles que « DP World » et « Abu Dhabi Ports Group » contrôlent plus de dix pour cent du trafic mondial de conteneurs et des chaînes d'approvisionnement, faisant de la sécurité et de la stabilité des Émirats une composante indissociable de la sécurité économique internationale. Abou Dhabi a investi ce poids financier et logistique dans la formulation d'une doctrine politique axée sur l'équilibre stratégique et la construction de partenariats transcendant les polarisations aiguës, parvenant à intégrer le bloc des « BRICS » aux côtés de la Chine, de la Russie et de l'Inde, tout en maintenant un partenariat étroit de défense et de technologie avec les États-Unis et l'Occident. Cela lui a permis de s'imposer comme une capitale pour les médiations internationales complexes, illustrée par ses succès répétés dans l'échange de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine, son accueil du sommet mondial sur le climat, son parrainage du Document sur la fraternité humaine qui a réuni le grand imam d'Al-Azhar et le Pape sur son sol, ainsi que son leadership constant au niveau mondial en tant que plus grand donateur d'aide humanitaire et au développement en proportion de son produit intérieur brut, sans distinction religieuse, ethnique ou politique.
Cependant, cette position prestigieuse, accompagnée de mains tendues pour secourir les peuples et soutenir la stabilité des nations, s'est heurtée — dans un paradoxe historique flagrant — à des campagnes d'hostilité politique de la part du régime algérien, et à des agressions militaires et sécuritaires de la part du régime iranien et de ses relais régionaux, en dépit des nobles positions envers les peuples algérien et iranien conservées dans les archives historiques. Sur le volet algérien, les registres historiques attestent que la relation entre les deux pays s'est fondée sur une solidarité sincère bien avant la création de la fédération, lorsque le cheikh Zayed ben Sultan a soutenu la révolution de libération algérienne sur les plans moral et matériel. À l'indépendance de l'Algérie, des relations fraternelles étroites ont uni le cheikh Zayed au défunt président Houari Boumédiène, puis à Chadli Bendjedid, atteignant leur parሜe lors du sommet arabe d'Alger en novembre 1973, qui fut le premier sommet arabe auquel assista le cheikh Zayed après la fondation de la fédération. C'est là qu'a été consolidée l'alliance pétrolière stratégique entre Abou Dhabi et l'Algérie au lendemain de la guerre d'Octobre, les Émirats ayant injecté leurs fonds et leur poids politique pour soutenir le front arabe, et le cheikh Zayed ayant réitéré sa célèbre formule selon laquelle le pétrole arabe n'est pas plus précieux que le sang arabe. Ce soutien ne s'est pas arrêté à l'époque fondatrice, mais s'est étendu aux heures les plus sombres traversées par l'Algérie lors de la « Décennie noire » des années 1990, les Émirats ayant refusé de participer à l'isolement international de l'Algérie et s'étant attachés à soutenir sa stabilité. Par la suite, les investissements émiratis ont afflué à hauteur de milliards de dollars au cours du nouveau millénaire pour moderniser les infrastructures algériennes ; l'entreprise « DP World » a développé les ports d'Alger et de Djen Djen, le gigantesque projet touristique « Dunya Park » a été lancé, et les partenariats des entreprises « Mubadala » et « Aabar » ont prospéré dans les secteurs de l'énergie et de l'industrie, ouvrant des milliers d'opportunités d'emploi à la jeunesse algérienne et transférant l'expertise managériale la plus moderne sur le marché algérien.
Néanmoins, cet héritage empreint d'affection a été récompensé ces dernières années par une ingratitude officielle et médiatique algérienne sans précédent, traduite par des mesures de rétorsion préjudiciables à l'économie algérienne elle-même, telles que la résiliation de contrats portuaires et le gel de projets d'investissement, allant jusqu'à ce que la présidence algérienne et son Haut Conseil de sécurité s'écartent des normes diplomatiques en 2023 et 2024 en émettant des déclarations officielles accusant les Émirats d'actes hostiles sans apporter la moindre preuve matérielle. Les véritables raisons de cette hostilité résident dans les mutations géopolitiques et l'incapacité du système dirigeant en Algérie à suivre le rythme des transformations régionales. Parmi ces raisons figure la position historique et ferme des Émirats en faveur de la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara, une position qu'Abou Dhabi a traduite concrètement en devenant le premier pays arabe à inaugurer un consulat général dans la ville de Laâyoune, au Sahara marocain, en novembre 2020, ce que l'Algérie a perçu comme un coup dur pour sa thèse séparatiste. S'y ajoute la participation des fonds souverains émiratis au financement et au soutien des grands projets stratégiques menés par le Maroc sur le continent africain, au premier rang desquels figure le projet de gazoduc Nigeria-Maroc et l'Initiative royale atlantique visant à offrir aux pays du Sahel africain un accès à l'océan, des projets de développement d'envergure que le régime algérien perçoit comme une menace à son monopole traditionnel sur le marché du gaz vers l'Europe et comme une érosion de son influence au Sahel, en Mauritanie et en Libye. En outre, il existe une divergence radicale entre l'approche des Émirats, axée sur la modernisation et l'intégration économique, et celle du régime algérien, prisonnier des slogans de la guerre froide et toujours enclin à fabriquer un ennemi extérieur pour justifier ses échecs en matière de développement et exporter ses crises intérieures. Face à cela, la partie émiratie a opposé la doctrine du « silence stratégique » et une hauteur de vue diplomatique qui sait distinguer le peuple algérien frère des pratiques politiques passagères.
D'autre part, sur la rive orientale du Golfe arabique, le dossier des relations entre les EAU et l'Iran incarne les plus hauts degrés de maîtrise de soi et de noblesse humanitaire face à l'expansionnisme idéologique. Depuis qu'Iran a procédé à l'occupation des trois îles émiraties — Grand Tomb, Petit Tomb et Abou Moussa — le 30 novembre 1971, à peine deux jours avant l'annonce de la fédération, et la chute du premier martyr de l'histoire moderne des EAU, le policier Salem Suhail Khamis Al-Dahmani, tombé en martyr en défendant le drapeau national sur l'île de Grand Tomb face au débarquement militaire iranien, les Émirats ont prouvé qu'ils avaient payé le tribut du sang pour défendre leur terre. Malgré cela, le cheikh Zayed et ses successeurs ont opté pour la sagesse d'État plutôt que pour la témérité des aventures, s'accrochant pendant plus de cinq décennies au droit souverain des EAU par des voies pacifiques, des négociations bilatérales ou le recours à la Cour internationale de justice. Mieux encore, Abou Dhabi a systématiquement refusé que son territoire ou son espace aérien soient utilisés comme plateforme pour une quelconque action militaire contre l'Iran. En dépit de cette blessure ouverte à sa souveraineté, les Émirats — en particulier à travers les ports de Dubaï — sont demeurés le seul poumon économique et commercial du peuple iranien, les échanges commerciaux non pétroliers entre les deux pays ayant dépassé la barre des vingt milliards de dollars par certains moments, ce qui a évité l'effondrement des conditions de vie du peuple iranien sous le poids des sanctions occidentales, tout en accueillant des centaines de milliers d'Iraniens vivant et travaillant dans la dignité et la sécurité dans le pays. Les archives humanitaires retiennent en lettres d'or que le Croissant-Rouge des Émirats a été le premier à porter secours aux victimes iraniennes après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé la ville de Bam en 2003. De même, les Émirats ont envoyé des aides d'urgence de plusieurs dizaines de millions pour secourir les populations touchées par les inondations catastrophiques dans les provinces iraniennes du Lorestan et du Khouzistan en 2019, au plus fort des tensions politiques. Lorsque la pandémie de COVID-19 a éclaté au début de 2020 et que le secteur de la santé iranien s'est effondré, les Émirats ont mis en place un pont aérien médical sur directives directes du cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan pour acheminer des tonnes d'aide médicale au peuple iranien, suivi par le retour de leur ambassadeur à Téhéran en 2022 afin de consolider le principe de « remise des compteurs à zéro » et de privilégier le voisinage géographique.
Cependant, le régime iranien et ses milices affiliées ont répondu à cette main tendue par la trahison et l'agression. Les eaux territoriales émiraties et ses intérêts vitaux ont subi des opérations de sabotage visant des pétroliers au large de Fujaïrah en 2019, suivies d'attaques contre des installations civiles au cœur d'Abou Dhabi au début de 2022 par des drones et des missiles tirés par le groupe houthi soutenu par l'Iran, pour culminer dans les menaces constantes pesant sur la sécurité de la navigation et du Golfe. Le véritable mobile de cette agression iranienne relève de deux facteurs principaux : le premier, politique et militaire, est lié au rôle décisif des Émirats au sein de la coalition arabe au Yémen pour faire échouer le projet iranien visant à contrôler le détroit de Bab el-Mandeb et à assiéger la péninsule arabique ; le second, idéologique et civilisationnel, est plus profond, car l'État des Émirats arabes unis, par son succès économique, sa tolérance religieuse et le bien-être de ses citoyens et résidents, représente l'exact opposé du projet du « Velayat-e Faqih » (Gouvernement du jurisconsulte), qui n'a produit pour son peuple et la région que sanctions, milices et graves crises de subsistance. L'existence d'un État arabe moderne et prospère sur la rive opposée du Golfe met à nu la faillite du discours révolutionnaire iranien face à son propre peuple, avide d'une vie digne ; c'est pourquoi Téhéran et ses supplétifs se sont efforcés de porter atteinte à la réputation de sécurité et de stabilité qui constitue la pierre angulaire du miracle économique émirati.
Une lecture attentive de l'histoire des Émirats arabes unis et des positions de leurs dirigeants démontre que ce pays n'a pas bâti sa gloire sur des réactions convulsives ou des slogans populistes, mais l'a fondée sur une vision stratégique associant une force militaire dissuasive protégeant la souveraineté nationale et les acquis du développement, à un rêve politique et à une générosité humanitaire qui n'attend point de remerciements ni ne modifie ses principes au gré des humeurs politiques des régimes. Alors qu'Abou Dhabi continue de consolider sa position de pilier clé et irremplaçable dans l'équation de l'économie, de la technologie et de la politique internationales, les campagnes médiatiques algériennes et les agressions iraniennes demeurent de simples tempêtes se brisant contre le roc d'un État intérieurement uni, protégé par un réseau de grandes aliances internationales et convaincu que l'histoire n'immortalise ni les porteurs de slogans creux ni les exportateurs de crises, mais écrit ses chapitres les plus éclatants pour ceux qui bâtissent des patries et font naître l'espoir pour l'humanité entière.
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