Les conclusions du Conseil de sécurité de l'ONU lors de sa session d'octobre constituent un tournant historique décisif dans le cours de la question du Sahara marocain, suite à l'aboutissement de ses délibérations à la non-prorogation du mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, connue sous l'abréviation de « Minurso ». Cette évolution qualitative a été suivie par la publication d'un communiqué du Cabinet Royal qui remet cette nouveauté onusienne dans son juste cadre politique et stratégique, affirmant que la fin de la mission représente une étape charnière et directe vers le règlement définitif de ce différend régional artificiel qui a duré près de trente-cinq ans depuis la création de la mission en 1991.
Le communiqué du Cabinet Royal tire toute son importance suprême du fait qu'il traduit la vision royale clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, laquelle a institué une doctrine diplomatique ferme dont le fondement est que « la question du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc regarde le monde, et l'aune claire et simple qui mesure la sincérité des amitiés et l'efficacité des partenariats ». Cela a fait passer l'action marocaine ces dernières années de la logique de la gestion conjoncturelle du dossier dans les couloirs de l'ONU à la logique de la décisive résolution stratégique et de la consécration de la pleine souveraineté nationale. Le communiqué a ainsi clairement indiqué à travers ses teneurs décisives que le non-renouvellement du mandat de la « Minurso » n'est pas une simple mesure technique passagère dans l'agenda du Conseil de sécurité, mais une déclaration explicite de la caducité des mécanismes onusiens traditionnels fondés à l'origine sur l'option dépassée du référendum, ainsi qu'une reconnaissance internationale pratique que le maintien d'une mission portant un tel nom n'est plus en phase avec la réalité politique et de terrain établie dans les provinces du Sud du Royaume.
Ce tournant historique repose sur le bilan du parcours diplomatique cumulé que le Maroc a mené avec constance et rigueur, et qui a abouti à une mutation qualitative dans les positions des grandes puissances et des membres permanents du Conseil de sécurité, au premier rang desquels les États-Unis d'Amérique et la France, qui ont tranché leur choix en reconnaissant explicitement la souveraineté du Maroc sur son Sahara et en soutenant l'initiative d'autonomie présentée par le Royaume en 2007 comme l'unique cadre de règlement. S'y ajoutent la position historique de l'Espagne en tant qu'ancienne puissance administrante de la région, et la croissante adhésion européenne, arabe et africaine concrétisée sur le terrain par l'ouverture de dizaines de consulats généraux dans les villes de Laâyoune et de Dakhla. Ce poids diplomatique international a contribué à modifier les rapports de force au sein des instances onusiennes, incitant à mettre un terme à la contradiction existant entre les reconnaissances de souveraineté successives d'une part, et le maintien du mandat d'une mission onusienne assujettie aux équations de la guerre froide d'autre part.
Parmi les angles fondamentaux qui expliquent le caractère inéluctable de cette mutation onusienne figurent les changements radicaux sur le terrain depuis l'intervention résolue des Forces Armées Royales pour sécuriser le passage frontalier d'El Guerguerat en novembre 2020, et l'annonce unilatérale par le Front « Polisario » de son renoncement à l'accord de cessez-le-feu signé en 1991. Un tel comportement a réduit à néant la justification opérationnelle de l'existence de la mission de la « Minurso » par les adversaires de l'intégrité territoriale eux-mêmes, à l'heure où le Royaume du Maroc a prouvé sa pleine capacité souveraine à sécuriser ses frontières, à protéger la stabilité régionale et à garantir la fluidité du commerce international vers la profondeur africaine, sans besoin de mécanismes de contrôle dépassés par le temps et par la réalité du terrain.
Sur le plan interne, la position exprimée dans le communiqué du Cabinet Royal tire sa force de la réalité démocratique et de développement solidement ancrée dans les provinces du Sud du Royaume. Celles-ci ont engendré, à travers des échéances électorales périodiques et intègres, des élites locales et des représentants légitimes qui gèrent eux-mêmes leurs affaires et enregistrent les plus hauts taux de participation politique à l'échelle nationale. Un parcours renforcé par le lancement du nouveau modèle de développement des provinces du Sud à l'initiative d'un Haut Patronage Royal, transformant les métropoles du Sahara marocain en grands pôles économiques et d'investissement, et faisant de l'adhésion des populations à la marche de l'édification nationale sous l'égide de la souveraineté marocaine l'expression démocratique la plus sincère balayant toutes les thèses surannées.
À travers sa lecture globale de cette mutation, le communiqué du Cabinet Royal confirme que tourner la page de la « Minurso » ferme définitivement la porte aux tentatives des adversaires de l'intégrité territoriale visant à exploiter les rendez-vous annuels du Conseil de sécurité pour pérenniser l'état de blocage politique et entraver l'intégration régionale. Avec la fin du mandat de la mission, le dossier passe du stade de la surveillance onusienne sur le terrain à l'étape de la consécration définitive du règlement politique fondé exclusivement sur la souveraineté marocaine et l'initiative d'autonomie, et ce, dans le cadre de l'engagement ferme du Royaume à poursuivre les chantiers de développement majeurs et les projets géo-stratégiques atlantiques et africains qui ont fait du Sahara marocain un pôle de stabilité et de prospérité régionale et internationale.
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