Rabat – Jeudi 5 novembre 2026
Le Front Polisario est revenu sur sa disposition à entamer des négociations avec le Maroc, des déclarations qui soulèvent des interrogations sur la crédibilité de cette ouverture, particulièrement dans un contexte où le Front maintient ses positions traditionnelles et où l'Algérie joue un rôle central dans l'orientation du conflit autour du Sahara.
Le journal algérien « El Massa » a rapporté, dans son édition de ce jeudi, les propos de Mohamed Salem Ould Salek, responsable des affaires étrangères du Front, affirmant la volonté du Polisario de s'engager dans un processus politique avec le Maroc, à condition que celui-ci garantisse ce que le Front appelle le droit à l'autodétermination et à l'indépendance.
Cependant, ces déclarations interviennent dans un contexte politique complexe, alors que le Royaume du Maroc maintient son initiative d'autonomie sous sa souveraineté comme cadre de règlement du conflit, tandis que le Polisario continue de rejeter cette option, malgré le soutien international croissant dont bénéficie la proposition marocaine.
Les critiques de la position du Front estiment que la persistance de son intransigeance ne peut être dissociée de la politique algérienne, l'Algérie étant le principal soutien politique et diplomatique du Polisario, et l'hôte de sa direction ainsi que des camps de Tindouf.
Selon cette lecture, la marge de manœuvre du Front demeure liée aux positions de l'Algérie et à ses calculs régionaux, bien qu'affirmer que les décisions du Polisario émanent exclusivement d'Alger nécessite des preuves indépendantes.
Cette interdépendance renforce les interrogations sur la possibilité de réaliser des progrès réels dans les négociations sans une évolution de la position algérienne, d'autant plus qu'Alger maintient son soutien à l'option de l'autodétermination et de l'indépendance, et refuse de considérer le conflit comme un simple différend bilatéral entre elle et le Maroc.
Entre l'annonce du Polisario de sa disposition à négocier et son refus persistant de l'initiative d'autonomie, la question demeure celle de la capacité du Front à proposer des concessions politiques indépendantes des calculs d'Alger. Parvenir à un règlement durable exige une réelle volonté de négociation de la part des parties concernées, ainsi qu'une gestion responsable des mutations régionales et internationales, loin de la logique des positions figées.
Au vu de ces éléments, il semble que l'avenir des négociations ne sera pas déterminé par les seules déclarations du Polisario, mais sera également influencé par la position de l'Algérie et sa volonté de contribuer à créer les conditions politiques nécessaires à un règlement mettant fin à un conflit qui dure depuis des décennies et qui a entravé les opportunités de stabilité et d'intégration maghrébine.
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !