Les autorités algériennes ont ramené le dossier du trafic de drogue au premier plan des tensions avec le Maroc, après que le ministère de la Défense nationale a annoncé, le mercredi 4 novembre, avoir déjoué des tentatives d'introduction de quantités de stupéfiants à travers la frontière avec le Royaume du Maroc, dans un communiqué qui relance les interrogations sur la persistance de la présence du Maroc dans le discours sécuritaire et médiatique algérien.
Selon le bilan officiel couvrant la période du 28 octobre au 3 novembre 2026, les unités de l'armée algérienne, en coordination avec les services de sécurité, ont interpellé 28 individus présentés comme impliqués dans le trafic de drogue, et ont saisi 844 kilogrammes de résine de cannabis, ainsi que 75 mille et 526 comprimés psychotropes lors d'opérations de sécurité distinctes.
Cependant, ce qui retient l'attention dans ce communiqué n'est pas seulement le volume des saisies, mais la réitération explicite d'une référence au Maroc lorsqu'il s'agit d'identifier la source des menaces sécuritaires. Cela s'inscrit dans un contexte où les communiqués algériens ont pris l'habitude d'associer les opérations de trafic de drogue à la frontière marocaine, ce qui suscite des critiques quant à la représentation du Royaume comme source récurrente des périls auxquels fait face l'Algérie.
Les critiques de ce discours estiment que la forte récurrence des références au Maroc dans certaines couvertures médiatiques algériennes laisse parfois entendre que tout ce qui menace la sécurité et la stabilité du pays provient du voisin de l'Ouest. Il s'agit là d'une image qu'il est impossible de généraliser ou de considérer comme une explication objective d'un phénomène criminel transfrontalier.
En revanche, il demeure du droit des autorités algériennes d'annoncer leurs opérations sécuritaires et de lutter contre les réseaux de contrebande. Néanmoins, la simple mention du passage de la drogue par une direction frontalière spécifique ne suffit pas à elle seule à établir la responsabilité d'un État en particulier ou de ses institutions dans ces activités, en l'absence de preuves et d'enquêtes claires.
Entre le narratif sécuritaire algérien et les lectures critiques de sa formulation, le défi fondamental demeure de dissocier la lutte contre les stupéfiants en tant que nécessité sécuritaire partagée, de l'instrumentalisation des accusations mutuelles susceptible d'élargir le fossé entre deux pays unis par la géographie, l'histoire et des intérêts communs.
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