Mercredi 21 octobre 2026
Flash info
Publicité
SPONSORInvestissez dans l'énergie solaire au Maroc avec les solutions GreenPower
Découvrir
Actualités islamiques

La balance éternelle du salut entre la majesté du rang et la lutte contre les passions

Un article qui aborde l'exégèse du verset : « Et quant à celui qui a redouté la comparution devant son Seigneur et a préservé son âme de la passion », mettant en lumière la balance du salut dans la tradition exégétique.

WhatsApp Image 2026-10-21 at 19.50.56

La grandeur de l'expression coranique se manifeste dans la condensation de la constitution de la vie humaine et des degrés de la réussite dans l'au-delà en quelques mots qui ébranlent la conscience du croyant et le placent face à la réalité de son existence et de son destin. Parmi ces versets les plus éloquents figure la parole de Dieu Tout-Puissant dans la sourate An-Nazi'at : ﴿وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى * فَإِنَّ الْجَنَّةَ هِيَ الْمَأْوَى﴾ (« Et quant à celui qui a redouté la comparution devant son Seigneur et a préservé son âme de la passion, le Paradis sera certes sa refuge »). Ce noble verset ne se limite pas à être une promesse divine de la meilleure récompense, mais il représente une méthode éducative et psychologique intégrale qui relie la perception de la grandeur du Créateur dans l'invisible à la capacité de contrôler les impulsions de l'âme dans le monde du témoignage, traçant ainsi la ligne de partage entre deux voies sans troisième : le chemin de la tyrannie et de la préférence pour la vie d'ici-bas, et le chemin de la crainte révérencielle et de la lutte contre soi-même, faisant de la vigilance intérieure une soupape de sécurité qui protège l'homme contre toute glissade dans les abîmes du vice et de la négligence.


Les récits dans les ouvrages des circonstances de la révélation et de l'exégèse traditionnelle ont varié quant au contexte spécifique dans lequel ce verset a été révélé, bien que la leçon réside dans la généralité de l'expression et non dans la spécificité de la cause, comme cela est établi chez les oulémas de la jurisprudence. L'imam Al-Qurtubi a rapporté dans son ouvrage "Al-Jami li-Ahkam al-Quran" et Al-Baghawi dans "Ma'alim al-Tanzil", par l'intermédiaire de Saïd ibn Jubayr et Muqatil, que le verset a été révélé au sujet d'Abû Bakr As-Siddîq, que Dieu l'agrée, ou au sujet de Mus'ab ibn Umair et de son frère Abû al-Ruum ibn Umair, tandis que d'autres ont mentionné qu'il a été révélé au sujet d'un homme des Ansars qu'une belle femme avait captivé ; lorsqu'il s'est retrouvé seul avec elle et s'est apprêté à commettre le péché, il s'est souvenu de sa position devant Dieu Tout-Puissant le Jour de la Résurrection, si bien qu'il a tremblé de peur et a retenu son âme loin du péché par crainte de Dieu, et Dieu a révélé ce verset à son sujet en récompense de la sincérité de sa lutte, afin qu'il demeure un témoignage pour tous les croyants qui suivront cette voie jusqu'au Jour du Jugement, affirmant que le salut ne réside pas dans l'immunité face aux pensées coupables, mais dans la vigilance lors de l'assaut des tentations.


En plongeant dans les mers de l'exégèse, nous trouvons l'imam des exégètes, Ibn Jarir al-Tabari, détaillant dans "Jami' al-Bayan" la signification de « a redouté la comparution devant son Seigneur » comme étant la crainte qu'éprouve le serviteur face à sa position devant Dieu Tout-Puissant pour rendre des comptes le Jour de la Résurrection, lorsque les secrets seront mis à nu et les registres déployés. L'hafiz Ibn Kathir a corroboré cette signification dans son exégèse, transmettant de Qatada et Mujahid que la comparution visée est le fait de se tenir debout devant Dieu Tout-Puissant le Jour du Jugement ; par conséquent, si le serviteur se rappelle cette position imposante, il s'abstient des péchés. Pendant ce temps, Fakhr al-Razi dans "Mafatih al-Ghaib" et Al-Zamakhshari dans "Al-Kashshaf" ont ajouté une autre dimension rhétorique et doctrinale, soulignant que le mot « comparution » (maqam) peut également revêtir le sens de la position vigilante et de la science englobante du Seigneur Tout-Puissant sur Son serviteur, comme dans Sa parole : ﴿أَفَمَنْ هُوَ قَائِمٌ عَلَى كُلِّ نَفْسٍ بِمَا كَسَبَتْ﴾ (« Est-ce que Celui qui observe chaque âme dans ce qu'elle a acquis... ? »). Ainsi se réunissent dans le cœur du croyant deux craintes qui procurent la sécurité : la crainte de la surveillance de Dieu présente en ce bas monde, et la crainte de se tenir debout devant Lui pour rendre des comptes dans l'au-delà, ce qu'a exprimé Rabi' ibn Khuthaym lorsqu'on lui a dit pendant sa maladie : « Ne mandons-nous pas un médecin pour toi ? », ce à quoi il a répondu en se rappelant ce verset :

« Je sais que ma maladie ce sont mes péchés, et mon remède est la demande de pardon ».

Cette crainte dans le cœur ne s'achève que lorsqu'elle se traduit par une conduite pratique représentée dans la seconde partie du verset : ﴿وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى﴾ (« Et a préservé son âme de la passion »). C'est ici que se manifestent les paroles percutantes des pieux prédécesseurs et des imams de la purification disséquant la réalité de cette interdiction ; Al-Tabari et Ibn Abi Hatim ont rapporté qu'Abd Allah ibn Mas'ud, que Dieu l'agrée, a dit : « Vous êtes à une époque où la vérité guide la passion, et viendra une époque où la passion guidera la vérité, nous cherchons donc refuge auprès de Dieu contre cette époque ». Muqatil ibn Hayyan a interprété l'interdiction de la passion comme le fait de refréner l'âme face aux interdits et aux désirs que Dieu abhorre, et Al-Fudayl ibn Iyad a prononcé sa célèbre sentence : « La meilleure des actions est de contrarier la passion », tandis que l'imam Sahl ibn Abd Allah al-Tustari a formulé une règle d'or en disant : « Délaisser la passion est la clé du Paradis, en raison de Sa parole : Et qui a redouté la comparution devant son Seigneur et a préservé son âme de la passion ». L'imam Ibn al-Qayyim a observé dans ses ouvrages "Madarij al-Salikin" et "Al-Wabil al-Sayyib" le secret de l'association entre la crainte et la préservation de l'âme dans ce verset, expliquant que la passion invite au plaisir éphémère sans se soucier des conséquences, et qu'aucune autorité dans le cœur ne résiste à l'emprise de la passion hormis l'autorité de la crainte de Dieu. Lorsque l'autorité de la crainte et la majesté de la présence divine se renforcent, l'emprise de la passion se brise et l'âme encline au mal recule, car l'âme par nature tend vers le confort et le désir, mais si elle est entravée par le frein de la piété, elle se redresse sur le droit chemin.


Les maîtres de l'éloquence et de l'exégèse analytique, tels que l'imam Abu Hayyan al-Andalusi dans "Al-Bahr al-Muhit" et le Sheikh al-Islam Ibn Taymiyyah dans "Majmu' al-Fatawa", se sont attardés sur la profonde signification linguistique de la racine « hawâ » (passion), qui tourne dans la langue des Arabes autour de la notion de chute et de descente du haut vers le bas ; on dit : « l'astre est tombé (hawa) » lorsqu'il est descendu. C'est comme si la dénomination portait en elle un avertissement implicite selon lequel suivre les désirs blâmables de l'âme n'est point une élévation de l'être humain ni une libération de sa volonté, mais bien un effondrement de son esprit depuis le ciel de la dignité divine jusqu'aux abîmes de la dégradation. De là découle la formulation « a préservé son âme », suggérant que l'âme est une entité qui rivalise avec son maître et requiert un discours ferme et une répression continue, ce qu'a exprimé l'imam Al-Ghazali dans "Ihya Ulum al-Din" lorsqu'il a comparé la raison à un cavalier chasseur, et la passion et la colère à un monture et un chien de chasse ; si le cavalier cède à la rébellion de sa monture, il périt, mais s'il la dresse et maîtrise ses rênes, il atteint son but. C'est pourquoi on attribue à Umar ibn al-Khattab, que Dieu l'agrée, ce mot éloquent : « Ramenez les affaires ignorantes à la Sunna et maîtrisez les passions par le Coran ».


Parmi les finesses rhétoriques les plus créatives que les savants ont tirées de ce verset figure la comparaison précise entre celui-ci et son pendant dans la sourate Ar-Rahman : ﴿وَلِمَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ جَنَّتَانِ﴾ (« Et pour celui qui a redouté la comparution devant son Seigneur, il y aura deux jardins ») ; où le contexte dans la sourate Ar-Rahman s'est limité à mentionner « la crainte de la comparution » parce qu'il s'inscrit dans l'énumération des bienfaits et l'incitation, tandis qu'il a ajouté dans la sourate An-Nazi'at sa parole : ﴿وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى﴾ (« Et a préservé son âme de la passion ») parce que le contexte y est celui des affres du Jour du Jugement et de la distinction entre deux groupes. Ainsi, cet ajout est venu expliciter la réalité de la crainte sincère et la distinguer de la crainte illusoire, car la crainte louable n'est point une simple émotion passagère dans le cœur ou une larme qui jaillit à l'écoute d'une exhortation pour que son propriétaire retourne ensuite à son égarement ; bien au contraire, la preuve pratique de la sincérité de la crainte de la présence de Dieu est le fait de refréner les impulsions de l'âme lorsque soufflent les vents du désir et de la tentation. C'est pourquoi l'imam Al-Shatibi a dit dans "Al-Muwafaqat" : Toute la législation n'est venue que pour arracher l'assujetti aux diktats de sa passion afin qu'il soit un serviteur de Dieu par choix, tout comme il est Son serviteur par nécessité.


Les exégètes se sont également penchés sur le secret de l'étonnante proportion dans la contraposition entre les deux parties de la division dans la sourate ; du côté de la perdition, Dieu Tout-Puissant a dit : ﴿فَأَمَّا مَنْ طَغَى * وَآثَرَ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا * فَإِنَّ الْجَحِيمَ هيَ الْمَأْوَى﴾ (« Quant à celui qui a transgressé et préféré la vie d'ici-bas, l'Enfer sera certes sa refuge »), et du côté de la félicité, Il a opposé la « transgression » — qui est le dépassement des limites et l'arrogance — à la « crainte de la comparution devant le Seigneur », laquelle engendre humilité et contrition, et Il a opposé la « préférence pour la vie d'ici-bas » à la « préservation de l'âme face à la passion », car l'origine de tout péché et de la préférence pour l'éphémère au détriment du durable découle précisément du suivi de la passion. Ainsi, Dieu a fait en sorte que le remède contre la transgression soit la crainte de Sa présence, et le remède contre l'inclinaison pour ce bas monde soit le sevrage de l'âme de ses passions, afin de purifier le cœur des impuretés de l'attachement à autre que Son Créateur, et d'entrer dans le paradis terrestre représenté par la quiétude de l'agrément et la paix, avant d'accéder au paradis de l'au-delà, qui est la véritable demeure et le refuge des vertueux.


Le verset atteint le sommet du miracle en liant la récompense à l'œuvre dans la parole de Dieu Tout-Puissant : ﴿فَإِنَّ الْجَنَّةَ هِيَ الْمَأْوَى﴾ (« Certes le Paradis sera son refuge »), où l'expression divine a utilisé les formules les plus éloquentes de l'emphase et de l'exclusivité ; Il a débuté la phrase par "Inna" (certes), et a introduit le pronom de séparation "Hiya" (est / c'est) aux côtés de la définition des deux termes, ce qui indique la restriction et l'exclusivité, pour souligner que quiconque a préféré l'agrément de Dieu à la passion de son âme dans la demeure de l'épreuve n'aura d'autre refuge ni d'autre abri digne de son sacrifice que le Paradis comme demeure. L'imam Al-Shawkani dans "Fath al-Qadir" et le savant Al-Tahir ibn Ashur dans "Al-Tahrir wa al-Tanwir" ont souligné que le choix du mot "refuge" (ma'wa) emporte une profonde connotation de quiétude, de stabilité et de repos éternel ; de même que ce serviteur a fatigué son âme en ce bas monde en lui interdisant ce qu'elle désirait, et que son esprit a vécu dans l'exil et dans une lutte constante contre les courants des tentations, Dieu le récompense par une demeure où il trouve tout ce que les âmes désirent et ce qui réjouit les yeux sans peur ni fatigue, afin que la récompense soit du même genre que l'œuvre. Quiconque a craint en ce monde sera en sécurité dans l'au-delà, and quiconque a sevré son âme de la passion éphémère, Dieu l'affranchira dans la félicité éternelle du Paradis, accomplissant ainsi le glorieux hadith koudsi : « Par Mon honneur, Je ne réunirai pas en Mon serviteur deux craintes ni deux sécurités ; s'Me craint dans le monde, Je le mettrai en sécurité le Jour de la Résurrection, et s'il se sent en sécurité vis-à-vis de Moi dans le monde, Je le terrifierai le Jour de la Résurrection ».

Lire cet article en : العربيةEnglishEspañol

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !

Laisser un commentaire