Bande de Gaza - Dimanche 8 novembre 2026
Le Comité supérieur d'urgence hivernale adresse ses salutations et sa reconnaissance aux chefs et membres des comités d'urgence des gouvernorats et des municipalités, aux équipes du développement social, de la défense civile, des travaux publics et du logement, du ministère du Gouvernement local, ainsi qu'à toutes les équipes de terrain, saluant l'ampleur des efforts colossaux déployés durant cette période pour traiter les points critiques, prendre des mesures préventives et remplacer les tentes délabrées en préparation de la saison hivernale.
Le Comité souligne qu'à la suite de la dépression atmosphérique profonde qui traverse la bande de Gaza, accompagnée de précipitations intenses allant de 45 à 55 mm en 6 heures continues, les premières observations de la dépression pourraient pousser certains vers une « vision négative ». Il insiste, en revanche, sur la nécessité de s'en tenir à une « vision réaliste et positive » qui se résume ainsi :
* Premièrement : L'impact des mesures préventives : sans ces mesures précoces, la catastrophe aurait été bien plus grave que ce que le terrain connaît aujourd'hui.
* Deuxièmement : L'ampleur des défis sur le terrain et le contrôle militaire : la chute de telles quantités de pluie en un temps record provoque habituellement l'inondation de rues et de pays stables dotés d'infrastructures complètes ; qu'en est-il alors de la bande de Gaza, qui a subi et vit encore les conséquences de la guerre d'extermination, sous le contrôle par le feu, l'invasion et le déplacement forcé de plus de 70 % de sa superficie, sans compter l'obstruction délibérée à l'entrée des engins de secours, des équipements, des tentes et du carburant.
Le Comité salue l'efficacité et le dévouement de toutes les équipes de terrain malgré la pénurie de moyens, réitérant que « Gaza a besoin d'une réponse internationale et d'une intervention humanitaire urgente dépassant la capacité de ses ressources locales et de ses institutions dans les circonstances actuelles ».
Réalité des déplacés et des tentes : une catastrophe aggravée touchant des millions de personnes
Le Comité met en lumière le paysage humanitaire tragique que vivent les habitants, en précisant les données suivantes :
* Volume des déplacements et des camps : plus de 1,5 million de déplacés dans la bande de Gaza font face à des conditions tragiques, répartis dans 2 100 camps d'hébergement et de déplacement dans divers gouvernorats.
* Réalité des tentes et confrontation à la dépression : les camps de la bande comptent environ 270 000 tentes, dont plus de 162 000 sont usées et totalement délabrées, entraînant l'inondation de 70 000 tentes par les eaux de pluie et les torrents.
* Bilan humain des dégâts : la dépression cause des dommages directs à 350 000 personnes, en plus de l'enregistrement de plusieurs blessures graves arrivant dans les hôpitaux suite à l'effondrement de murs et de parties de maisons et de bâtiments endommagés par les bombardements sous l'effet du vent et de la pluie.
* Perturbation de la vie publique : les conséquences de la dépression et des inondations sporadiques entraînent l'arrêt complet du processus éducatif dans diverses zones de la bande.
Infrastructures et gouvernement local : destruction systématique et réseaux vétustes
Le Comité confirme que les infrastructures de la bande de Gaza atteignent le stade de l'effondrement total après que l'occupation israélienne a détruit plus de 90 % d'entre elles, et présente les données de terrain des secteurs touchés :
* Réseaux d'assainissement et évacuation des eaux pluviales : l'armée d'occupation détruit plus de 700 000 mètres linéaires de réseaux d'assainissement, provoquant durant la dépression environ 190 sites connaissant un débordement sévère des eaux usées, ce qui laisse présager des catastrophes environnementales et sanitaires imminentes.
* Routes et rues : l'occupation provoque la destruction de plus de 3 000 000 de mètres linéaires de réseaux routiers et de rues, entraînant durant cette dépression l'inondation et l'impact sur plus de 750 routes, avec un arrêt total de la circulation.
* Bâtiments menaçant de s'effondrer : les rapports du ministère des Travaux publics et du Logement indiquent la présence de 4 500 bâtiments classés comme dangereux et menaçant de s'effondrer en raison des ciblage précédents et des pluies actuelles, dont près de 90 bâtiments doivent être démolis immédiatement et d'urgence pour protéger la vie des citoyens et des déplacés voisins.
Face à cette réalité difficile, les équipes d'urgence du ministère du Gouvernement local et des municipalités, en coordination avec les partenaires, interviennent selon les moyens disponibles ; les interventions incluent la fourniture de remblais, de quantités de sable et de sacs de sable pour protéger les camps et les centres de déplacement, et protéger les tentes contre les inondations. Le Comité souligne que ces mesures dépassent les capacités des municipalités face à la pénurie aiguë d'équipements et de véhicules lourds, ce qui nécessite un soutien urgent pour les travaux d'entretien et les interventions d'urgence.
Développement social : bilan des dégâts et secours à 1 000 familles en coopération avec les partenaires
Dans le cadre du suivi de terrain des conséquences de la dépression atmosphérique et du secours aux familles sinistrées, les équipes d'urgence des directions du développement social dans les gouvernorats annoncent le bilan du recensement des dégâts pour les sites et camps touchés sur le terrain :
* Gouvernorat du Centre : 75 camps touchés | 2 355 familles touchées.
* Gouvernorat de Gaza : 51 camps touchés | 1 996 familles touchées.
* Gouvernorat du Nord de Gaza : 40 camps touchés | 1 621 familles touchées.
* Gouvernorat de Rafah : 5 camps touchés | 149 familles touchées.
* Gouvernorat de Khan Younès : 3 camps touchés | 80 familles touchées.
* Total général : 174 camps touchés sévèrement et 6 201 familles touchées directement.
Le Développement social précise que ce recensement exhaustif est transmis au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), où les partenaires entament les opérations d'évaluation et de distribution immédiate pour 1 000 familles touchées, incluant la fourniture de tentes et de fournitures de secours d'urgence.
Défense civile : 2 166 appels de détresse et arrêt des centres sur le terrain
De son côté, la Direction générale de la défense civile explique que toutes les zones de la bande font face à une crise humanitaire renouvelée durant la dépression, avec une montée du niveau des eaux de pluie dans certaines zones à plus de 1,5 mètre, entraînant l'inondation de vastes parties des camps et des centres d'hébergement.
Les rapports de terrain de la défense civile indiquent :
* Appels de détresse : réception de 2 166 appels de détresse de la part des citoyens, des administrations des camps et des familles dont les maisons ont été touchées par les bombardements.
* Limites de l'intervention : les équipes, en coopération avec les municipalités, ne parviennent à répondre qu'à 218 appels en raison de la limitation des moyens, tandis que le reste des appels est traité par la fourniture de conseils et d'orientations préventives sur le terrain.
* Fermeture des centres et arrêt des véhicules : la Direction révèle la fermeture de centres entiers de la défense civile dans certaines zones et leur mise hors service suite à la panne de leurs véhicules et équipements, et la privation directe par l'occupation des huiles, pièces de rechange et entretien nécessaires pour ces véhicules.
Revendications et positions urgentes
Face à ces données catastrophiques et aux avertissements météorologiques concernant une saison hivernale qui pourrait connaître d'autres dépressions intenses, le Comité supérieur d'urgence hivernale et les autorités compétentes appellent à :
* Pression internationale immédiate : contraindre l'occupation à lever l'interdiction et à laisser entrer les équipements et engins de secours, les tentes, les bâches en plastique, les maisons mobiles « caravanes », et autoriser l'entrée des pièces de rechange et des huiles pour les véhicules de la défense civile et des municipalités.
* Soutien aux infrastructures et aux municipalités : fournir un soutien international et humanitaire urgent pour la série d'entretien des réseaux d'évacuation des eaux pluviales et d'assainissement (plus de 700 000 mètres touchés), et sécuriser les engins lourds pour traiter plus de 3 millions de mètres linéaires de routes équipées et détruites.
* Sécurisation du carburant et des équipements : fournir aux équipes de la défense civile et des municipalités le carburant nécessaire pour garantir la poursuite de l'intervention humanitaire et la remise en service des centres fermés.
* Traitement des bâtiments dangereux : intervention humanitaire et technique urgente pour traiter les 4 500 bâtiments menaçant de s'effondrer, et démolition immédiate des 90 bâtiments menaçant la vie des citoyens et des déplacés.
* Assumer les responsabilités : exiger des pays garants du cessez-le-feu et du Comité national pour la gestion de la bande de Gaza d'agir d'urgence pour sauver plus de 1,5 million de déplacés et fournir les éléments de base pour la protection contre les prochaines dépressions.
* Réunion urgente : directive à tous les comités d'urgence hivernale dans les gouvernorats et les municipalités de se réunir immédiatement pour évaluer la situation, renforcer les points forts et combler les lacunes sur le terrain.
Comité supérieur d'urgence hivernale
Bande de Gaza - 8 novembre 2026
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