Le président israélien Isaac Herzog a annoncé, samedi soir, qu'il chargerait le chef du parti « Yashar », Gadi Eisenkot, de former le nouveau gouvernement israélien, la cérémonie officielle devant se tenir demain dimanche au siège de la présidence à Jérusalem à 17h00. Dès réception de ce mandat, Eisenkot disposera d'un délai légal de 28 jours pour constituer une coalition gouvernementale, avec la possibilité pour le président de le prolonger de 14 jours supplémentaires.
Cette décision intervient après deux jours de consultations menées par Herzog avec les blocs élus à la 26e Knesset. Eisenkot a obtenu les recommandations de blocs totalisant 67 députés, contre 46 députés ayant recommandé le chef du Likoud et Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou, tandis que le bloc « Yahadout HaTorah » et ses sept députés se sont abstenus de recommander l'un ou l'autre des candidats, marquant une rupture notable avec leur soutien traditionnel à Netanyahou lors des cycles électoraux précédents.
Herzog avait reporté l'annonce de sa décision après la fin des consultations jeudi, préférant mener des entretiens privés avec plusieurs chefs de partis durant le week-end, dont deux rencontres avec Netanyahou et Eisenkot, dans une tentative de rapprocher les parties et de former un gouvernement stable.
Cependant, la majorité numérique obtenue par Eisenkot ne garantit pas nécessairement un chemin facile vers la présidence du gouvernement ; ce chiffre a été atteint grâce au ralliement des recommandations de la Liste unifiée et de la Liste arabe unie (Ra'am), qui détiennent ensemble 19 sièges, aux 48 sièges du bloc d'opposition, sans que les deux partis arabes ne s'engagent à participer à la future coalition. Herzog lui-même a d'ailleurs souligné que la capacité d'Eisenkot à former le gouvernement reste incertaine face aux vetos croisés entre les partis.
Le dossier des partis arabes représente le nœud le plus complexe au sein du camp d'Eisenkot, Avigdor Lieberman, chef du parti « Israël Beytenou », refusant tout partenariat avec eux, tandis que Yaïr Golan, chef du parti « Les Démocrates », a appelé à une alliance. Eisenkot avait préalablement établi des principes pour tout parti souhaitant participer à son gouvernement, notamment la reconnaissance d'Israël en tant qu'État juif et la qualification du Hamas comme organisation terroriste, des conditions susceptibles d'exclure certains députés arabes.
Les élections du 27 octobre ont produit un paysage politique divisé où aucun des deux camps n'a obtenu la majorité nécessaire de 61 sièges sur 120. Le camp de Netanyahou a obtenu 53 sièges, dont 27 pour le Likoud, contre 48 pour le camp d'Eisenkot et 19 pour les partis arabes. La nouvelle Knesset doit prêter serment mardi prochain, indépendamment de l'avancée des négociations de coalition.
Si Eisenkot échoue dans sa mission durant le délai maximal de 42 jours, le président aura le droit de charger un autre membre de la Knesset pour une période de 28 jours non renouvelable. Il resterait alors une ultime chance : qu'un candidat soit recommandé par 61 députés pour une période de 14 jours maximum, avant qu'Israël ne se dirige vers de nouvelles élections. Parmi ces scénarios, l'idée d'un gouvernement d'unité nationale, prônée par Herzog depuis avant le scrutin, ou celle d'un gouvernement minoritaire, sont également évoquées, sachant qu'Eisenkot a annoncé son refus de rejoindre tout gouvernement dirigé par Netanyahou.
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