Mardi 3 novembre 2026 | Suivi de presse
Le Royaume du Maroc est revenu au premier plan de l'intérêt de la presse algérienne, ce mardi 3 novembre 2026, au milieu d'une couverture médiatique caractérisée par la virulence du discours politique et diplomatique, notamment après les récents développements enregistrés au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la question du Sahara marocain, l'expiration du mandat de la mission des Nations Unies (MINURSO), ainsi que l'émergence de nouveaux dossiers conflictuels entre Rabat et Alger.
Dans un tour d'horizon des principales publications des organes médiatiques algériens aujourd'hui et au cours des deux derniers jours, les titres suivants dominent la scène :
- Premièrement : Le Parlement marocain suscite la polémique en Algérie. La plateforme algérienne « Ouras » a publié, ce mardi, un rapport intitulé « Divergence de positions au sein du Parlement marocain concernant les relations avec l'Algérie », dans lequel elle a passé en revue les déclarations de l'ancien diplomate algérien Amar Belani sur la réunion conjointe des deux chambres du Parlement marocain. Le rapport a mis en avant l'existence d'appels de certaines forces politiques et syndicales marocaines en faveur de l'amélioration des relations avec l'Algérie, en opposition à d'autres positions imputant à la voisine de l'Est la responsabilité de la persistance des tensions régionales.
- Deuxièmement : Attaque médiatique contre l'ambassadeur marocain Omar Hilale. Le journal « TSA » a consacré un article publié aujourd'hui à l'ancien diplomate algérien Amar Belani, dans lequel il s'en est pris au représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, critiquant ses positions relatives à l'histoire, à la souveraineté et aux relations régionales. L'article comprenait des critiques acerbes à l'encontre de la politique étrangère marocaine, évoquant les relations maroco-israéliennes et les dossiers de Sebta et Melilia. Le texte reflète la position de son auteur dans le cadre des escarmouches diplomatiques et médiatiques, et ne constitue en rien l'annonce d'une nouvelle décision officielle algérienne.
- Troisièmement : L'Algérie suit l'avenir du dossier du Sahara aux Nations Unies. Le même journal a publié, ce matin, une lecture juridique signée Amar Belani, portant sur le sort du processus onusien suite au non-renouvellement du mandat de la MINURSO. L'auteur a estimé que la fin de la mission ne signifie pas la fin de l'examen de l'affaire par le Conseil de sécurité, s'appuyant sur la résolution onusienne n° 2797 adoptée en 2025. Cette lecture diverge de la position marocaine, qui a considéré le non-renouvellement comme une évolution majeure dans la voie du règlement du conflit.
- Quatrièmement : Accusations algériennes contre le Maroc pour pollution des eaux frontalières. Le journal algérien « El Khabar » a ouvert, dans son édition du lundi 2 novembre, un nouveau dossier intitulé « L'Algérie s'apprête à poursuivre le Maroc en justice ». Il a relayé les propos de l'ancien ministre algérien des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, évoquant la préparation d'un dossier juridique concernant la pollution des eaux de l'oued Muildj et son impact potentiel sur le barrage de Bougrara dans la région de Tlemcen. Le rapport fait état de résultats d'analyses de laboratoire et d'accusations pointant des activités industrielles dans la ville marocaine d'Oujda. Cependant, ces accusations nécessitent toujours une vérification scientifique indépendante, et le dépôt d'une plainte officielle en justice contre le Maroc n'a pas été confirmé.
- Cinquièmement : La presse algérienne discute des prochaines actions marocaines. Le journal « TSA » a abordé, dans un rapport publié le 2 novembre, la probabilité d'un transfert des actions diplomatiques marocaines vers d'autres organes au sein des Nations Unies, en particulier la Quatrième Commission et le Comité de décolonisation, connu sous le nom de Comité des 24. L'auteur de l'article a estimé que Rabat cherche à modifier le cadre international à travers lequel la question du Sahara est traitée, constituant là une lecture politique dont tous les éléments ne se sont pas encore traduits par des mesures officielles annoncées.
- Sixièmement : Le veto russe et la fin de la MINURSO continuent de susciter la polémique. Les médias algériens ont poursuivi leur couverture des répercussions du vote intervenu au Conseil de sécurité le 30 octobre 2026, après que le veto russe a empêché l'adoption d'un projet de résolution américain axé sur la proposition marocaine d'autonomie, tandis que le projet alternatif russe n'a pas non plus été adopté. Cela a conduit au non-renouvellement du mandat de la MINURSO après 35 ans de présence. Alors que Rabat s'est félicité de cette évolution, l'Algérie a exprimé officiellement ses regrets face au non-renouvellement de la mission et a critiqué ce qu'elle a qualifié de partialité dans le projet américain.
Ce tour d'horizon de la presse algérienne révèle que le Maroc occupe toujours une place de choix dans le débat politique et médiatique chez le voisin de l'Est, et que le différend ne se limite plus à la seule question du Sahara, mais s'est étendu aux questions environnementales, aux eaux partagées, ainsi qu'aux lectures de l'histoire et des relations internationales.
Entre positions officielles, articles analytiques et discours médiatique d'escalade, le besoin persiste de faire la distinction entre informations confirmées et accusations politiques, en particulier à la lumière de la persistance de la rupture diplomatique entre les deux pays et des défis qui en découlent pour l'avenir des relations maghrébines.
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